| Article de la catégorie HISTOIRE
| Posté le 19-05-2007
Histoire du Break L'histoire
du break commence dans le Bronx des années 70 et est intimement liée à
la destinée d'un chef de gang, Aka Kahyan Aasim membre des Bronx River
Project, une fraction des Black Spades. Il va changer d'orientation et
créer, sous le pseudonyme d'Afrika Bambaataa, la Bronx River
Association, plus tard renommée Zulu Nation en 1974 à la suite de la
vision d'un Film, Zulu War.
Poussé
par ses études sur l'histoire de l'Afrique et son amour pour la
musique, il veut catalyser l'énergie des jeunes gens de son quartier
dans des activités artistiques pour éviter qu'ils ne finissent dans des
gangs. Transformer l'énergie négative de la rue en énergie positive par
le biais de l'art est le vecteur de la Zulu Nation. Elle prône ainsi
des valeurs d'images positives de fraternité et de partage. Un
nouveau mouvement était en train de naitre, le Hip Hop, et la Zulu
Nation allait illustrer sa philosophie de vie. Ce mouvement, dont les 4
piliers sont le Rap, le Graffiti, le DJing et la Break Dance, est né au
milieu des années 70 aux Etats Unis en réaction aux luttes violentes
pour la survie dans le ghetto new yorkais. Il est donc marqué par la
culture de rue. L'influence
du DJ d'origine jamaïcaine Kool Herc dans le développement de cette
culture qui s'oppose à la culture de violence qui régnait alors dans
ces quartiers défavorisés des métropoles américaines, est aussi à
noter. Cet immigré jamaïcain, se rend compte que l'énergie des
gens sur la piste de danse atteint son paroxysme à certains passages
d'une chanson où ne sont présentes que la ligne de basse et la ligne de
batterie. Il décide donc de jouer ces passages en boucle. Pour ce
faire, il utilise deux tourne-disques et met le même disque sur les
deux platines. Il passe ainsi d'un disque à l'autre, répétant le même
passage. Ce passage s'appelle un break, ou Breakbeat. Comme les
premiers breakeurs fréquentaient beaucoup les soirées de Kool Herc, on
les a appelés les breakers ou B-boys pour Breakin Boys, ce surnom leur
ayant été donné par Kool Herc lui-même. Par extension, on utilisera le
terme break dance. 
À
la fin des années 1970, New York est un vivier cosmopolite où chaque
couche d'immigration a développé son style de danse. Il est
vraisemblable que les danses les plus populaires à l'époque étaient le
Good foot et le Popcorn, inspirées des chansons Get On The Good Foot et
Popcorn de James Brown. Ces danses consistaient en un mouvement de
jambes rapide, où les danseurs passent d'un pied d'appui sur l'autre.
On peut y noter une certaine ressemblance avec certains mouvements du
Swing, du Charleston, du Lindy hop ou des Claquettes. Cette danse
devait sans doute aussi se danser sous forme de défis. La mode de se
défier viendrait de l'atmosphère gangster environnante, mais aussi des
concours de talents, qui sont alors très populaires, sans oublier les
défis traditionnels dans certaines danses africaines. Le Good Foot a pu
ensuite donner naissance a l'Upwork, où deux personnes (ou plus)
dansent face à face en imitant une bagarre. La règle de la danse
stipule qu'il est interdit de toucher son adversaire. On ne sait pas
exactement ce qui un jour a poussé les danseurs à descendre au sol
après l'exécution de leurs mouvements de jambes. Les hypothèses sont
nombreuses. Les films de Kung-fu avaient alors un succès phénoménal et
l'Art martial chinois inclut énormément de positions au sol. Un autre
art martial, la Capoeira, également très populaire, est une source
fondamentale de la Break Dance. Les Danses traditionnelle cosaques ont
également inspiré les breakers. En effet, certaines danses russo-slaves
reposent sur les mêmes principes que le break une exécution rapide d'un
mouvement de jambes puis exécution de mouvements au sol.
L'âge
d'or new-yorkais (1977-1986) vie avec des groupes comme Zulu Kings ou
bien Nigger Twins, on peut enfin parler de Break Dance. La boite de
nuit le Roxy lui ouvre ses portes et on peut apercevoir l'effervescence
dans le film Beat Street.
Les
figures de sol basiques sont alors le six-pas, six-temps, ou six steps,
le trois-pas, trois temps, ou three steps, les freezes, tels que le
baby-chair, le back-spin, la coupole. Le break va alors connaître une
période d'effervescence et de créativité avec des groupes comme les
Rock Steady Crew, les New York City Breakers, les Magnifiicent Force ou
les Dynamic Rockers, sacralisés par l'objectif de Martha Coopers. Le Hip Hop et surtout la Break Dance sombre en 1986, ils deviennent démodés à New York. [b]Le renouveau et la Break Dance en France[/b] En
1981 existaient de rares émissions de radio diffusant des musiques
noires, dont celle de Sydney sur Radio 7 ou de Dee Nasty sur Carbone
14. On dit que Dj Chabin est le premier Dj à avoir fait entendre du rap
en France, The Smurh, vinyle acheté par hasard aux USA. La première
apparition officielle de la Break Dance en France remonte à la tournée
de New York City Rap Tour organisée par Europe 1 en 1982, tournée dans
laquelle sont présents Afrika Bambaataa, Grandmixter DST and the
Infinity Rappers, les graffeurs Dondi et Futura 2000, Fab5 Freddy et
les danseurs du Rock Steady Crew. Les artistes se produisent à
l'hippodrôme de Pantin, puis au Bataclan et au Palace. Le Bataclan
était le lieu où une partie de la scène Hip Hop se retrouvait
orchestrée par les platines de DJ Chabin et autour des défis de danse
plutôt Jazz Rock. Parmi les groupes qui se formèrent on comptait les
Paris City Breakers, les Street Kids et Aktuel Force, avec des danseurs
tels que : Solo, Franck le Breaker Fou, Scalp, Willy, Nicolas, Joey,
Shen, Gabin, Bouda, etc. Tous ceux qui dansaient sur les rythmes
funk et soul sont saisis par les quelques images de danse aperçues à la
télévision dans l'émission Echo des Bananes. Le mouvement Hip Hop
s'installe en France au début des années 80. Par ses origines sociales
et revendicatives, il concerne d'abord les milieux issus de
l'immigration, les quartiers défavorisés. Le développement de ces
derniers en France a créé en quelque sorte une identité sociale. Il
connait un fulgurant développement médiatique qui fera penser à un
mouvement de mode. Il élargira par la suite son territoire géographique
et social. Marie France Brière, directrice des programmes de TF1 en
1984, intéressée par le phénomène, demande à Sydney de créer une
émission sur ce mouvement, il imagine HIP HOP, qui sera immédiatement
l'émission culte de toute une génération. Sydney avait composé une
équipe de danseurs, les Paris City Breakeurs : FrankIILouise, Solo
(futur dj du groupe Assassin) et Scalp avec qui il se déplaçait dans
les cités des banlieues partout en France. Sidney y reçoit des
invités américains, y donne des cours de danse, porte les lunettes du
créateur Alain Mikli et montre les dernières fringues Hip Hop, que le
phénomène de mode de l'époque appelait Smurf, à cause des larges
bonnets qu'arboraient les danseurs américains. L'hexagone est alors contaminé.
Dansé
en grande majorité par des jeunes gens issus des quartiers difficiles,
le Break se transformera vite en ruée vers l'or. Une véritable
effervescence, tout le monde danse, tout le monde s'entraine. Dans les
cages d'escaliers ou sur des cartons dans la rue. Et à Paris le terrain
vague de la Chapelle découvert par les BBC (Bad Boys Crew) composé des
graffeurs Jay, Skki, Ash2 et Slaze, deviendra le lieu clef du mouvement
Hip Hop qui se retrouvera fédéré autour des platines de Dee Nasty, DJ
Jo ou encore DJ Max. Bambaataa et la Zulu Nation joueront un rôle
important dans l’arrivée et le développement du Hip Hop dans
l’hexagone. Plus tard Queen Candy créera la Zulu Letter, le premier
Fanzine Hip Hop. A la fin des années 80, la branche française de la
Zulu Nation sera la plus importante après celle du Bronx, mais des
problèmes interne au mouvement Hip Hop et l'acharnement des médias
auront raison de la Zulu Nation en France. Le Hip Hop est alors
perçu comme un phénomène de mode, et des gens extérieurs au microcosme
Hip Hop s'intéressent à ces jeunes qui tournent sur la tête, leur
faisant miroiter un semblant de star système. Mais le succès massif de
cette émission conduira paradoxalement à l'arrêt de sa programmation,
Sidney et son équipe voulant faire un show plus important. À la rentrée
suivante, Sidney, propulsé en couverture des magazines, revient avec
une nouvelle émission, mais cette fois la programmation est trop
influencée de variété et l'esprit originel a disparu, le succès n'est
pas au rendez-vous et tout s'arrête. Le phénomène de mode du "smurf"
disparaît, seuls les inconditionnels poursuivent le chemin du Hip Hop
en France. L'arrêt de l'émission marque la fin de la médiatisation du Hip Hop et la fin de l'inspiration. Début 85 sonne le glas de la culture. Avec
la fin de l'émission les jeunes ont pensé que tout s'arrêtait, que
c'était fini. Les mairies ont arrêté de subventionner les petits
groupes et pour beaucoup le Hip Hop était mort. La traversée du
désert a été longue et difficile pour tous. Malgré l'âge sombre du
Break, certains danseurs, véritables passionnés, tels que Gabin des
Aktuel Force, Nabil de Quintessence ou encore Xavier Plutus et Karim
Barouche, vont continuer de pratiquer cette danse. L'après Sydney se joue dans l'ombre. le
groupe Aktuel Force, fondé en 1984 participe entre 1984 et 1993 à
plusieurs compétitions de Break Dance qu'il remporte en France et en
Europe. Ce succès permet ainsi à la jeune troupe de tourner bon nombre
de clips vidéo, de collaborer aux défilés de mode de Paco Rabanne et de
se produire à l'Elysée Montmartre et au Palais des Sports. Entre
1993 et 1995, Aktuel Force décide de créer deux spectacles, Hip Hop
Story et Sodebo, en lien étroit avec le Théâtre Contemporain de la
Danse et son directeur de l'époque, Christian Tamet. Le triomphe est
tel que Sodebo connaîtra une tournée hexagonale en 1994, après sa
présentation au Casino de Paris. La force de travail de la troupe de
Gabin et sa prestance sur scène propulseront Aktuel Force sur scène aux
côtés des Suprême NTM (Kool Shen ayant fait partie des premiers
danseurs des Aktuel) au Zénith et au Bataclan à Paris. Porte-parole
de la culture Hip Hop en France, la troupe use dedes Suprême NTM tous
les supports pour transmettre leur passion de ce type de danse : ainsi,
à leur présentation aux Rencontres des Cultures Urbaines de la Villette
s'ajoute leur participation au long-métrage de Jean-Pierre Thorn Faire
Kiffer les anges en 1996. Gabin Nuissier réitèrera l'expérience
cinématographique auprès de Jean Pierre Thorn dans On n'est pas des
marques de vélo en 2003 dans lequel il donnera la réplique à Sydney et
Bouba.
Le Battle Of The Year est créé en Allemagne en 1991
organisé par le danseur allemand Tomas Hergenröther. Il s'inspire d'une
compétition similaire qui avait eu lieu en 1990 à Bruxelles et qui
avait opposé les meilleurs danseurs européens du moment (le français
Gabin Nuissier, le belge Najim Power ou bien l'allemand Storm) En
1995, Le groupe Franco-italien Family (Nabil, Alassane, etc.) remporte
la victoire face aux Hongrois, les Enemy Squad. La Break Dance est
alors de retour en Europe et pour longtemps cette fois. En 1998, le
groupe français Family arrive en finale face aux groupes américains
Rock Force Crew. En 2001, la France remporte le championnat du monde
grâce au Wanted Posse, l'année suivante, les Vagabonds arrive en finale
face à la Corée, puis l'année suivante ce sont les Pokémons qui vont
marquer la différence encore une fois face à une Corée qui monte en
puissance, en 2004, Les Fantastik Armada perdent en finale face à une
autre équipe coréenne, les Gamblers, et en 2006, les Vagabonds
l'emporte sur une Corée du sud devenue véritablement un vivier de Bboys. 
Nous
sommes maintenant bien loin du temps des guerres de gangs au Bronx, et
la Break Dance s'éloigne peu à peu du Hip-Hop, s'en détache par non
nécessité pour rejoindre le courant du Punk Rock. Le style Evolve ou
Abstract style a été créé, il semblerait, au Texas et à Las Vegas. Il
consiste, pour la danse, en des mouvements souples, parfois trash et
suicidaires, et redoublent d'ingéniosité. Ce style comprend les Vegas
b-boys qui ne doivent pas toucher le sol avec les pieds lors d'un
passage en se soulevant à la force des bras et en se faisant des
mutilations : poser le pied sur sa main. Les vêtements changent et, à
l'inverse des costumes Hip-Hop larges, les jeans se resserrent et se
trouent, les cheveux poussent et sont parfois colorés...Cette vague
n'est pas encore très visible en France et dans les autres pays, sauf
aux États-Unis où elle prend de l'ampleur. Cette évolution a pour but
de repousser toujours plus loin les limites et de refléter le nouvel
état d'esprit des Bboys qui ne sont pas toujours issus d'un milieu
Hip-Hop. Le français Benji, membre du groupe Division Alpha va
faire de l'Evolve son arme de battle. Coatché par Youval, il sera le
premier en France à affronter les danseurs dans un style très incisif
et complètement novateur pour l'époque. Youval crée alors des affiches
de légendes nommées 1000% où Benji affrontera des danseurs de renoms
comme Junior, sur la mythique place des Halles ou encore l'un des plus
grands danseurs américains, Crumbs. Le français est alors invité à
rejoindre les rangs des Rock Force Crew pour participer au Freestyle
Session 8 et tient dans la foulée le haut de l'affiche dans le film le
Défi. |